La Metcon 10, sortie en août 2025, fête dix ans de règne sur les box de CrossFit. Nike a retravaillé sa formule : la mousse ReactX remplace l'ancien amorti pour un meilleur retour d'énergie. Concrètement, ça se sent sur les box jumps et les sprints, où la chaussure redonne un peu de ressort sans devenir molle. La plaque Hyperlift a été allégée, ce qui améliore la stabilité sous charge sans rigidifier l'avant-pied.
Le nouveau système de lacets mérite qu'on s'y arrête : il les verrouille pour qu'ils ne traînent pas pendant les double-unders. Un détail qui évite les arrêts intempestifs. La boîte à orteils s'élargit, ce qui arrange les pieds larges ou forts. En revanche, le prix reste élevé, autour de 140 à 155 euros. Et si vous enchaînez les longues sessions cardio, la semelle ferme peut fatiguer les mollets plus vite qu'une paire de running.

Reebok Nano X5 : la polyvalence qui revient aux sources
Lancée en janvier 2025 pour les quinze ans de la gamme, la Nano X5 marque un retour aux fondamentaux. Le chaussant s'inspire de la X2, avec une boîte à orteils plus spacieuse et un support de voûte plantaire moins agressif. La semelle intermédiaire DUALRESPONSE EVA combine fermeté au talon pour les lifts et réactivité à l'avant-pied pour les sauts. Résultat : elle passe sans déchirure d'un squat lourd à un sprint de 400 mètres.
Le drop de 7 mm la place dans la fourchette haute pour une chaussure polyvalente. Reebok a aussi renforcé la tige en Flexweave pour le maintien et la respirabilité. Pierre Gasly en ambassadeur, c'est un clin d'œil à l'entraînement varié d'un pilote de F1. Prix indicatif : 140 à 150 euros. Le point faible : certains athlètes aux pieds très plats trouveront le soutien insuffisant pour les charges maximales.
Nanoflex TR 2 : l'alternative économique
Pour ceux qui débutent ou qui veulent une seconde paire sans se ruiner, la Nanoflex TR 2 reste une valeur sûre. Drop de 4 mm, mesh respirant, prix entre 90 et 110 euros. Elle manque de rigidité pour les soulevés très lourds, mais elle fait le job sur les WODs mixtes à dominante cardio.
TYR CXT-2 : le challenger qui monte
TYR, marque connue en natation, s'impose dans le CrossFit avec la CXT-2. Le modèle mise sur la stabilité et la puissance. La semelle est ferme, presque dure, ce qui donne une sensation de connexion directe avec le sol. Idéal pour les mouvements olympiques comme l'épaulé-jeté ou le snatch. La tige en mesh renforcé résiste bien aux frottements, notamment lors des montées de corde.
Le prix tourne autour de 130 à 150 euros. Le revers : l'amorti limité la rend moins agréable pour les WODs avec beaucoup de sauts ou de course. Si votre box enchaîne les Metcons longues, préférez un modèle plus souple.
Under Armour Project Rock 5 : la force avant tout
La Project Rock 5, portée par Dwayne Johnson, cible les athlètes qui privilégient la force. La technologie HOVR offre un amorti réactif, mais la semelle reste assez ferme pour les squats et les soulevés de terre. Le maintien du talon est excellent, ce qui sécurise les mouvements lourds. Prix : environ 140 euros.
Attention : elle est moins flexible à l'avant-pied que la Metcon ou la Nano. Les mouvements gymniques comme les muscle-ups ou les handstand push-ups deviennent moins fluides. À réserver aux WODs où la charge domine.

New Balance Minimus TR : le minimalisme pour les puristes
La Minimus TR séduit les CrossFitters expérimentés qui recherchent une sensation de pied nu. Drop très faible (environ 4 mm), semelle fine, poids plume. Elle offre un excellent feedback au sol pour les mouvements techniques. Prix : 100 à 120 euros.
Mais elle n'encaisse pas les chocs. Oubliez les box jumps à répétition ou les sprints sur bitume. Et la durabilité est en retrait : la tige s'use vite sur les montées de corde. À utiliser comme seconde paire pour les séances de technique ou de mobilité.
Comment choisir selon votre pratique et votre budget
Le premier réflexe : regarder le drop. Pour une chaussure polyvalente, visez 4 à 6 mm. Un drop plus élevé (7-8 mm) apporte du soutien pour les impacts, mais peut gêner la posture sur les squats. Un drop très bas (2-4 mm) favorise la stabilité, mais sollicite plus les mollets.
Ensuite, évaluez vos WODs dominants :
- Si vous faites surtout des mouvements olympiques et des charges lourdes, privilégiez la stabilité (Metcon 10, Project Rock 5).
- Si les WODs sont mixtes avec beaucoup de course et de sauts, la Nano X5 ou la Nanoflex TR 2 feront mieux l'affaire.
- Si vous êtes adepte du minimalisme et de la technique, la Minimus TR reste une option.
Le budget : comptez 90 à 110 euros pour une entrée de gamme correcte (Nanoflex TR 2), 130 à 155 euros pour un modèle haut de gamme (Metcon 10, Nano X5, CXT-2). Un investissement qui peut durer un an ou deux selon l'intensité.
Les erreurs qui coûtent cher
Première erreur : utiliser des chaussures de running. Leur amorti mou fait perdre en stabilité sous charge. Risque de blessure aux chevilles et aux genoux. Deuxième erreur : négliger la durabilité. Les montées de corde et les frottements usent vite une tige fragile. Vérifiez les renforts aux orteils et sur les côtés. Troisième erreur : acheter trop grand ou trop petit. Une chaussure de CrossFit doit être ajustée, pas flottante. Le pied ne doit pas glisser dans la chaussure pendant les mouvements latéraux.
65 % des blessures en CrossFit sont liées à un équipement inadapté, selon une étude récente. Le choix des chaussures n'est pas un détail.
Deux paires valent mieux qu'une
À partir d'un certain niveau, avoir deux paires devient pertinent. Une paire pour les WODs de force (Metcon 10 ou Project Rock 5), une autre pour les sessions cardio ou techniques (Nano X5 ou Minimus TR). Cela permet d'optimiser chaque type d'effort et de prolonger la durée de vie de chaque modèle. Si vous débutez, une seule paire polyvalente comme la Nano X5 ou la Nanoflex TR 2 suffit largement.
Le marché 2026 offre des options solides, mais aucune chaussure ne fait tout parfaitement. La Metcon 10 reste la plus aboutie pour la polyvalence force-cardio. La Nano X5 la rattrape sur le confort et la respirabilité. La CXT-2 surprend par sa stabilité. À vous de peser vos priorités : le drop, l'amorti, le budget. Et n'oubliez pas que le meilleur test reste de les essayer en conditions réelles, pas juste en magasin.